S'identifier
  • Augmenter la taille
  • Taille par défaut
  • Diminuer la taille
Bannière

Randonnée bucolique à Désirade

Envoyer Imprimer PDF

Randonnée bucolique à DésiradeVu de loin, l'île de la Désirade, ce gros caillou posé sur l'océan semble plutôt austère. Et pourtant, elle est, des dépendances de la Guadeloupe, la plus attachante. Un peu comme une vieille dame que l'on aurait oubliée - elle a 145 millions d'années ! -, elle sort de son anonymat et se distingue par sa faune, sa flore et sa géologie.
Le temps semble s'être arrêté tant le lieu est impassible. On entame la randonnée qui mènera au grand plateau central à 275 m d'altitude. On longe le bord de mer et très vite, la saline se devine derrière les palétuviers en fleurs et les mancenilliers. Côté mer, les bateaux de pêche tanguent élégamment sur la mer bleu turquoise ; visiblement, les pécheurs ne sont pas sortis aujourd'hui. Il faut savoir que la Désirade vit essentiellement des produits de la mer.

Après avoir passé un petit pont qui relie la saline à la mer, on emprunte le chemin dit des Galbas, direction le « grand nord » qui mène au seul collège de l'île. Adieu le bitume, bonjour la terre battue. Le bruit de la mer se confond avec le chant des coqs et le bêlement des cabris confinés dans leurs parcs broussailleux. Désormais, le rocher fait face et la ravine creuse un long sillon dans la montagne. On entre alors vraiment dans le vif du sujet.

Pas âme qui vive
Le temps de se retourner et de jouir d'un panorama époustouflant de beauté - une véritable carte postale grandeur nature - , le chemin devient caillouteux et abrupt et la marche se fait plus rude. On admire la singularité de cette forêt luxuriante qui accueille ficus, poirier, mapou gris, gommier rouge et gaïac, cette espèce en voie de disparition. Le résinier montagne s'est adapté aux embruns et au soleil d'où son aspect quasiment indestructible. Les fleurs rosées de l'anarcadier, l'arbre à noix de cajou, exhalent des odeurs suaves. Si la flore regorge d'espèces végétales, il n'en est pas de même de la faune. Ici, les rois se nomment Bernard Lermite. C'est un spectacle comique et touchant que de les voir dévaler, en roulant sur eux-mêmes. Leur but ? Atteindre le plus rapidement possible le sable des plages où ils se reproduiront pour ensuite remonter... Dès qu'on les touche, ils poussent un petit cri pour marquer leur désapprobation. Croquer une termite au goût poivré fait aussi partie du folklore.

Randonnée à la DésiradeUne vue grandiose
Le sillon de la ravine fait place à un sentier bien plus plat. Du haut d'un belvédère, une petite halte semble nécessaire pour boire et croquer dans une barre vitaminée. 20 minutes plus tard, le sommet est atteint. À droite toute ! Au bout d'une marche tranquille et reposante sur la route du plateau, la base de la « centrale mixte éolien et diesel », c'est son nom, nous dévoile un champ d'éoliennes. Cruciales pour la vie quotidienne des Désiradiens, elles fournissent l'électricité de toute l'île. De magnifiques têtes à l'Anglais peuplent ce lieu désert. Pas âme qui vive. Derrière la centrale, passée une trouée, une barrière précaire faite de deux éoliennes mises bout à bout et en équerre invite à la contemplation. La vue y est grandiose. La plage s'étale en un long ruban blanc bordé de cocotiers et l'on peut suivre à la trace le relief de la côte depuis les ruines de la léproserie et de l'ancienne cotonnerie, la station météo à l'abandon jusqu'au phare de la Pointe Doublé et le cimetière marin de Beauséjour.

A l’ombre d’un manguier
Il est temps de redescendre. Le tracé de cette autre ravine plutôt raide est facilité par une bordure de grosses pierres blanches. À mi-chemin, on croise des agaves, ces plantes d'où l'on tire la fameuse tequila au Mexique. La forêt tropicale sèche apporte une ombre bienvenue pour une descente qui prendra environ une demi-heure. Un immense grillage tenu par des câbles solides pour retenir la pierraille annonce que la descente arrive à son terme. Le soleil, à son méridien, réapparaît et cogne fort. Encore quelques pas sur le goudron de la seule route de l'île et à l'ombre d'un manguier. On s'endormirait presque...


Tags : bord de mer | Désirade | éolienne | forêt | guadeloupe | ile | océan | randonnee

Ajouter un Commentaire


Code de sécurité
Rafraîchir