De Grand-Bourg, en longeant le littoral pour remonter vers le nord, il est logique d'atteindre Saint-Louis. Tout au long de ce parcours, se succèdent cases en bois épargnées par les ouragans, maisons en béton aux couleurs vives, et vestiges de moulins datant d'une époque où l'économie sucrière faisait la richesse de l'île (au début du XIXème siècle). Aujourd'hui encore, la principale activité économique reste la culture de la canne, même si le tourisme vert se développe. Pour y contribuer, une atmosphère et un décor très traditionnel, des habitudes de vie d'une autre époque et une population prompte à la discussion.
En arrivant dans le bourg de Saint-Louis par route ou par mer, puisque le village est aussi doté d'un embarcadère, il est impossible de ne pas se sentir enveloppé par l'empreinte du passé. Saint-Louis de Marie-Galante a su se forger ce supplément d'âme et de convivialité que l'on n'oublie pas. Sa baie nichée entre la Pointe du Cimetière et la jetée de Folle Anse s'ouvre sur une large fenêtre maritime entre mer et ciel, parés de couleurs écrues, pastel et émeraude, un plan d'eau exceptionnel et un linéaire de plages barré par un mur de verdure. Au niveau de l'incontournable carrefour central, « paressent » la mairie surmontée d'une tour originale à trois petites cloches, et la grande maison en bois à étage parée de ses vingt et une ouvertures. Les patronymes de Jerpan, Légitimus, Eboué, Sanctussy, Baclet rappellent, au fil des rues, le legs des gloires locales. D'autres références à la République trouvent aussi leur place comme le monument aux morts rendant hommage aux quarante-six fils de la commune tombés sur les champs de bataille en Serbie, en Grèce, à Salonique lors de la Première Guerre mondiale. Cette bourgade divine placée sous le patronage de Saint-Louis s'étire entre les cases de Chalet où l'on peut encore admirer l'une des dix anciennes batteries de défense de l'île, et le cimetière clos renfermant quelques curiosités parmi lesquelles la tombe des Brigadiers. Depuis, il a fallu s'armer de patience et de labeur pour vaincre en 1951 par comblement, l'étendue du marais rampant autour de la rivière Saint-Louis. Vu sous l'angle architectural, le passé ne manque pas non plus d'intérêt. Quelques maisons créoles du début du XXème siècle ornées de véranda et de frise à motifs géométriques ou à arcs en lambrequin, témoignent du savoir-faire des charpentiers de marine d'antan. Et à la tombée du jour, la fantaisie puriste et colorée d'un coucher de soleil sans pareil trouble la conscience. On se laisse envahir par la tentation de Saint-Louis... Ou l'on décide de rejoindre la troisième bourgade, celle de Capesterre de Marie-Galante.











