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La Désirade

La désiradeLa Désirade, malgré son âge avancé réserve encore des surprises. Le BRGM* et la DIREN* ont initié en 2002 un inventaire des sites remarquables de l'archipel guadeloupéen. Parmi les 18 sites sélectionnés, figure justement celui de l'extrémité Est de cette petite île.

Située à 16°20 de latitude nord et 61°03 de longitude ouest, l'île de la Désirade est la plus ancienne des Petites Antilles et la plus sauvage de l'archipel.

Vigie de la Guadeloupe tel un gros rocher tabulaire, elle semble surgir de l'Atlantique. Plus curieux encore, sa géologie présente un caractère tout à fait exceptionnel. À son extrême Est, à l'anse Ti-Baum, à la Pointe Doublé et à Baie-Mahault (que les habitants de l'île connaissent sous l'appellation de Morne Rouge tant cette couleur domine les autres), des roches datant d'au moins 145 millions d'années nous transportent à l'époque des dinosaures. Sous une épaisse croûte calcaire, outre des basaltes-ces roches volcaniques sombres en forme de coussins et témoins des épanchements sous-marins-, on découvre des radiolarites, des roches sédimentaires très dures, siliceuses et très cassantes, apparues sous l'accumulation de coques de radiolaires, animaux minuscules calcifiés formés d'une seule cellule.

Un projet de réserve naturelle géologique est en cours

La désirade« Ce paysage étonnant, précise Luc Legendre, chargé de mission à la DIREN et géologue, sculpté par l'érosion marine, abrite un site emblématique à l'échelle de l'est caribéen. Les matériaux de la croûte terrestre ramenés exceptionnellement à la surface du globe ont fait l'objet de nombreuses études tant par les scientifiques européens que par leurs confrères américains. Tout confirme le caractère inhabituel de ses roches exposées aux embruns et soulevées par les alizés dans l'est désiradien. » Sous l'impulsion du conseil régional et dans le cadre de l'agenda 21 adopté à Rio en 1992 sur le développement durable, l'agenda 21 spécifique « Désirade » prévoit d'en faire une réserve naturelle géologique eu égard à ses spécificités d'un intérêt scientifique important. Consciente de ce patrimoine géologique exceptionnel, l'île compte bien miser sur un tourisme durable. Ainsi, la mise en place d'un atelier de lapidaire, lieu où l'on façonne des objets en pierres sciées et polies, et un projet d'espace muséal géologique seraient étroitement liés au projet de cette réserve. En cours de labellisation, la Désirade deviendrait alors l'unique réserve géologique de l'outre-mer. Il ne reste plus qu'à attendre le fameux sésame, le décret ministériel qui donnerait à cette charmante petite île l'opportunité de devenir une curiosité non seulement pour les scientifiques, les érudits, les mordus de géologie mais aussi pour les partisans d'un tourisme écologique.

La désiradeEn faisant figure d'exemple non seulement dans la Caraïbe mais dans le monde entier, la première réserve géologique des Antilles et de l'Outre-mer pourrait devenir le label de la Désirade qui ne demande qu'à être reconnue depuis la nuit des temps.

- *BRGM: Bureau de Recherches Géologiques et Minières
- *DIREN : Direction Régionale de l'Environnement

Remerciements à Marianne Bosshard, professeur à la United States naval Academy et à Lucie Soulard, adjointe au maire de la Désirade, deux passionnées de leur terre natale ou d'adoption.

Tags : Antilles | Atlantique | Caraïbes | découvrir la Guadeloupe | Désirade | guadeloupe