Tout au long de leur histoire, les Saintes ont forgé leur réputation sur leur rade, cette magnifique anse, qui appartient depuis quelques années au Club des plus belles baies du monde. Les Amérindiens n'y font qu'une courte halte entre l'occupation de deux autres îles, bien plus riches en eau et en gibier : la Dominique et la Guadeloupe. L'occupation du petit archipel des Saintes situé à 15 km au sud-ouest de la Guadeloupe commence véritablement en 1493, année du second voyage de Christophe Colomb et de la découverte de cet archipel qu'il baptise les Saintes, par référence aux fêtes de la Toussaint (4 novembre 1493). Dès lors, flibustiers, corsaires, pirates et autres boucaniers des îles du Nord y trouvent refuge, dans la rade ou dans la baie de Pompierre.
Les débuts de la colonisation
Entre 1648 et 1652, une trentaine de colons débarquent à Terre-de-Haut, à l'initiative de Charles Houel, un gentilhomme normand à la réputation d'aventurier, qui occupe les fonctions de gouverneur de la Guadeloupe. Ces colons, désignés sous le nom d'engagés ou de «trente-six mois» car ils contractaient un engagement de trois ans, embarquent des différents ports de la côte atlantique française, la Rochelle, Nantes, Lorient, Brest ou Saint-Malo. La colonisation de l'île coïncide avec le début de l'esclavage, mais l'impossibilité de cultiver la canne à sucre sur l'île à cause du manque d'eau, limite l'arrivée massive d'esclaves qui ne constituèrent jamais plus du tiers de la population totale. Au XVIIIe siècle, de nouveaux colons s'installent, dont le patronyme est aujourd'hui porté par une majorité de Saintois. On retrouve ainsi dans l'annuaire de longues listes de Cassin, Deher, Maisonneuve, Joyeux, etc., embarqués pour les Antilles. En 1671, Terre-de-Haut accueille «23 maistres de cases, 9 femmes mariées, 7 garçons et quatre filles, soit 43 blancs», auxquels s'ajoutent dix noirs ou métis.











