Il y a encore cinq ans, 25% des récifs coralliens étaient vivants. Après le passage de Dean et le réchauffement des eaux en 2005 associés à l'action négative de l'homme, ils ne sont plus aujourd'hui que 14%. À ce rythme, c'est une certitude, d'ici trente ans nous n'aurons plus un seul récif corallien vivant. Ces récifs, une fois morts, n'auront plus de résistance et vont donc se briser. La houle passera alors sans problème la barrière pour venir jusque sur les côtes, les plages, ou dans les ports de pêche, activité qui subira aussi les contrecoups de cette absence. Car les poissons ont besoin de ces récifs pour se nourrir mais surtout pour y dormir et se reproduire. « Chaque océan a ses groupes écologiques, poursuit Franck Mazeas, représentant de la DIREN ; dans les Antilles françaises nous possédons peu d'espèces par groupe. Et si au sein d'un même groupe, deux ou trois espèces viennent à disparaître, il est évident que la fonction écologique que joue ce groupe ne pourra plus fonctionner. Nous sommes isolés géographiquement depuis la fermeture de Panama et de Suez voilà plusieurs millions d'années. Aussi depuis, toutes nos espèces de coraux sont forcément endémiques à la Caraïbe et nous n'avons aucun espoir d'en voir arriver de nouveaux. »
Des actions sont mises en place notamment dans l'instruction des dossiers d'urbanisme et d'aménagement à proximité des récifs coralliens ; de nouvelles aires marines protégées (cantonnement de pêche, réserves naturelles...) sont créées ; des études sur la contamination des écosystèmes marins par les métaux lourds et les pesticides sont menées, de même que des études sur l'impact socio-économique des récifs, la quantification de la pêche fantôme (nasses et engins abandonnés au fond) sont associées à des actions régulières de nettoyage des fonds marins. Mais c'est bien à chacun de prendre conscience de l'intérêt de protéger les récifs coralliens.
Voir aussi :
- Pourquoi les coraux disparaissent?
- Les effets dévastateurs du réchauffement de la planète
- Disparition totale des coraux d'ici 30 ans
Crédits photos : Dive Bouteille/Les Saintes








